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Depuis quelques années est apparu le souci de développer et d'améliorer l'accès du public à la science. Ce souci provient de plusieurs facteurs qui convergent vers une même interrogation. Le monde contemporain étant de plus en plus marqué et dominé par la science et la technique, certains s'interrogent sur les conséquences, heureuses ou malheureuses, d'une telle domination. Mais cette interrogation est impossible si la science reste close sur son propre savoir, si elle ne peut entendre le langage des autres et si les non-scientifiques ne peuvent comprendre ce qu'elle dit. D'où la nécessité d'éclairer les relations du public à la science. Dans ce même contexte, certains scientifiques ont été amenés à s'interroger sur le pouvoir que leur conférait la science. En France notamment, les crédits pour la recherche se faisant plus rares, l'opinion publique remettant en cause certains acquis de la science, des physiciens ont commencé à se poser des questions sur leur démarche, sur leur rôle dans la société et sur leur responsabilité. Ces questions ont conduit à des manifestations telles que les "Physique dans la rue" où les scientifiques témoignaient du souci de partager leur savoir mais aussi leur pouvoir. De semblables manifestations ont montré avec succès que l'homme de la rue était particulièrement réceptif à des démarches de ce type ; à plus long terme, elles ont montré également qu'il ne suffisait pas de quelques bonnes volontés pour partager ou banaliser la science. Parallèlement, l'opinion publique a commencé à s'interroger sur le monde scientifique et technique dans lequel nous vivons ; les contraintes technocratiques ne peuvent-elles pas être réduites par une meilleure information ? Cette question en amène une autre : pourquoi le non-scientifique ne comprend-il rien à la science ? Ainsi le débat bute-t-il toujours sur les problèmes de communication entre le public et la science. Le Groupe de Liaison pour l'action culturelle scientifique s'est constitué dans ce contexte. En réunissant des scientifiques et des non-scientifiques, il s'est intéressé aux problèmes de la communication dans le domaine scientifique et a mené dans ce sens, depuis quelque temps, une vaste recherche sur les musées scientifiques et techniques, en grande partie à l'initiative de non-scientifiques. Ces musées semblaient en effet un lieu privilégié pour comprendre le visage que la science offre au public. Découvrir ce visage, c'était ainsi provoquer l'analyse et peut-être dire quel visage la science devrait offrir au public. En fait, il est apparu que l'hypothèse de travail du Groupe de Liaison, au départ, était mal formulée : Quelle vision de la science offrent les musées ? C'est supposer implicitement que les musées sont des lieux d'appropriation de la science par le grand public ; c'est supposer que les musées scientifiques et techniques sont des objets culturels. Or, il semblerait, d'après les regards vari6s et réfléchis que le Groupe de Liaison a pu poser sur eux, qu'il s'agisse plutôt d’objets politiques ou de prestige, de faire-valoir idéologiques d'une science qui ne se soucie pas de ce qui lui est extérieur. En fait, cette visite des musées a permis une évolution des membres du Groupe : les scientifiques ont été mis en position de public ; les non-scientifiques ont été mis à même de critiquer non pas la Science, mais des réalisations concrètes, humaines, parlant de la science. Le dialogue au sein du Groupe de Liaison a pu s'enrichir du rapprochement de ces positions psychologiques. Pour cette étude, le Groupe de Liaison a travaillé de la façon suivante : 1. Visites de musées Les musées français n'ont été que plus rarement pris en considération, et ceci pour plusieurs raisons : 2. Documentation iconographique Cette collection a fait l'objet d'un classement et d'une indexation systématiques, publiés par le Groupe de Liaison. 3. Groupes de travail Le présent bulletin est, en quelque sorte, complémentaire des documents audiovisuels produits. Les articles qui suivent sont soit des rapports de visites, soit des réflexions personnelles, soit encore des comptes-rendus de réunions. On n'a pas cherché à introduire une unité de pensée ou de point de vue qui aurait été tout à fait artificielle. On a conservé les différences et les contradictions, laissant à chacun le soin d'en extraire ce qui lui convient. Après plusieurs descriptions, destinées à familiariser les lecteurs avec diverses réalisations, quelques réactions sont présentées. Certaines sont brutales, beaucoup sont critiques. Cela ne témoigne pas d'une intention purement négative, mais de la constatation d'une grande distance entre les intentions des réalisateurs de musées et ce que perçoivent certains visiteurs. Allant ensuite au-delà de la simple critique, une analyse un peu plus argumentée sur la nature et le rôle de ces institutions est proposée. Enfin, quelques suggestions, quelques souhaits témoignent du souci du Groupe de Liaison de contribuer à adapter un peu mieux ces musées aux désirs et aux attentes du public. Le bulletin est donc divisé en quatre parties intitulées de la façon suivante : Cette division cherche à introduire un peu de clarté dans un ensemble abondant, voire foisonnant. Mais elle ne vise pas à réduire le travail effectué en une synthèse logique qui n'aurait pas lieu d'être : le Groupe de Liaison tient à sa diversité et ne propose pas de doctrine ; d'autre part le dialogue science/public, sous-jacent à cette étude sur les musées, ne peut se conclure si aisément. Il engage en fin de compte un débat sur la culture qui le fait sans cesse rebondir. |
Introduction ...... [ page 1 ]
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